UNE BEAUTÉ PAS TOTALEMENT NUMÉRIQUE ….

UNE BEAUTÉ PAS TOTALEMENT NUMÉRIQUE ….

Une ride qui fait défaut, un grain de peau mangeant la lumière, un cerne assombrissant le regard, un pli assommant l’ovale du visage …
Se sentir belle ou beau, c’est aussi se voir comme nous sommes. Et se montrer. À l’heure du tout images, comment jouer avec la sienne ? Voici une analyse des nouveaux usages de la beauté numérique pour se mettre en scène sur les réseaux sociaux.

Andy Warhol avait prédit que chacun aura son quart d’heure de célébrité, il avait raison, à un détail près : ce sera sur le web.
L’an dernier, 1,8 milliard de photographies ont été partagées chaque jour dans le monde, soit cinq fois plus qu’en 2012, jusqu’à compter plus de 35 millions de selfies mensuels. Autant d’images qui nous permettent de construire notre identité numérique. Enjeu crucial : trouver notre « bon profil » ne suffit plus, l’essentiel est de trouver la bonne photo de profil. Être photogénique, ou plutôt apparaître comme tel sur Facebook ou Instagram, est devenu la norme.

En tant que médecin esthétique il faut s’adapter à cette tendance en proposant mieux qu’un filtre, mais une réelle action sur l’épiderme, mais aussi plus en profondeur jusqu’à injecter des volumeurs, des inducteurs de collagène ou rehausser les traits avec des mésofils. Des techniques sans éviction sociale ni vue ni connue.

Avant d’être postée, chaque photo est soigneusement choisie, souvent retouchée et recouverte d’un filtre qui la patinera. Ces beautés virtuelles et multiples sont comme une seconde peau. Un vernis posé sur notre quotidien pour n’en faire ressortir que le meilleur. Le meilleur investissement à long terme ne serait pas d’agir avec un laser ou un peeling ? Car dans la rue, seul le filtre solaire existe…
Les calques appartiennent uniquement au monde virtuel dans l’unique but de rehausser l’estime de soi.

Toutes les tonalités données à notre image sont-elles pour autant un déguisement ? Au fond, n’est-ce pas comme dans la vie, où l’on joue avec nos vêtements pour, certains jours, être plus sophistiqué ou (avoir l’air) plus sportif ? Ça marche en effet un peu comme un vestiaire. Des éléments de soi sont testés sur les réseaux et, s’ils sont validés par la communauté, ils seront intégrés à sa propre représentation. Certaines personnes y seront par exemple plus vantardes ou plus généreuses que dans la vraie vie. Finalement, c’est un moyen intéressant de continuer à se découvrir.
Nos images ne serait-elles pas en fait une vraie prise de parole ? un vecteur de partage, et pas seulement l’expression d’un désir égoïste d’exposer sa beauté numérique….

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